qualité de vie au travail statistiques faussées

Les études sur la qualité de vie au travail sont-elles fausses ?

Tu le sais, le sujet du bien-être au travail est quelque chose qui me tient à cœur. Je suis persuadé que nous pouvons tous travailler plus efficacement, tout en étant plus heureux.

Et à ce titre, j’aime bien consulter les différentes études sur la qualité de vie au travail et le bien-être au travail, pour voir les tendances qui se dégagent, et les axes d’amélioration identifiés pour les entreprises.

Oui mais voilà…

La plupart de ces études ne peuvent juste pas être prise au sérieux, voire sont carrément fausses !

Laisse moi t’expliquer.

 

Des titres racoleurs

J’ai vu récemment l’un de mes contacts partager sur LinkedIn une étude dont la conclusion va à l’encontre de toutes mes lectures sur le web : « Surprise, les jeunes rêvent de bureaux fermés et de vrais chefs » !

Forcément intrigué, je clique pour lire l’article, et là ça a été une douche froide.

On nous explique que les DRH vont littéralement tomber de leur chaise et avoir une attaque lorsqu’ils vont lire les résultats de cette étude. Que les sociétés investissent des millions d’euros dans la réorganisation de leurs espaces de travail pour attirer les jeunes, mais qu’en fait ces jeunes … ils veulent tout le contraire !

Oui mais il y a comme un problème…

 

 

Des sondés non-représentatifs

Je me suis permis de regarder la méthodologie de cette étude, et là : surprise !

J’apprends que cette enquête a été réalisée uniquement auprès des étudiants de l’ESSEC Business School. Alors déjà, ça me pose un problème car les étudiants de l’ESSEC Business School ne représente pas les salariés dans leur ensemble, mais une classe bien précise. Si je n’interroge que des managers sur les choses à mettre en place pour améliorer le bien-être au travail, nul doute que les résultats seront différents que si j’interroge les collaborateurs eux-mêmes.

Déjà, il y a un biais méthodologique qui a du mal à passer.

Mais en plus, on apprend que l’étude a été réalisée auprès de 446 étudiants seulement. Comment, en réalisant une étude auprès de 446 personnes, on peut généraliser la tendance qui s’en dégage à des centaines de milliers voire des millions de personnes ? Ce n’est juste absolument pas probant.

 

Des conclusions interprétant les chiffres

On nous indique dans l’étude que « les étudiants interrogés sont à la recherche de repères clairs, qu’il s’agisse de l’aménagement des espaces ou de l’encadrement. Près d’un sur deux (44%) pense que la hiérarchie doit être visible au bureau ».

Et qu’est-ce qu’on nous dresse comme conclusion ?

Que les étudiants refusent en bloc l’open space, le flex-office, le co-working, et veulent de vrais chefs (d’ailleurs, qu’est-ce qu’un vrai chef, je ne sais toujours pas).

Personnellement, ce n’est absolument pas ce que je lis.

Si je devais interpréter les chiffres, je dirais :

  • Qu’ils souhaitent des espaces de travail bien délimités, mais pas nécessairement des bureaux individuels fermés. On peut très bien avoir un espace de travail commun, avec de nombreux lieux formels et informels pour se réunir, passer un coup de téléphone, s’isoler du bruit et pouvoir se concentrer, etc…
  • Qu’ils souhaitent que le manager quitte sa tour d’ivoire, et ait sa place au milieu de ses équipes, car il fait en vérité partie intégrante de celles-ci.
  • Qu’ils souhaitent un encadrement plus clair, dans le sens où l’on sache qui prend les décisions. Et que celles-ci soient assumées, qu’il n’y ait pas d’ordre et de contre-ordre. Les étudiants cherchent un manager faisant preuve de leadership, qui soit le capitaine de l’équipe, mais pas nécessairement l’amiral qui dicte ses ordres, comme dans le management à l’ancienne.

Tu vois, tout est question d’interprétation ! 😉

 

Ne te méprends pas, ce n’est pas parce que cette étude va à l’encontre de certaines de mes convictions qu’elle s’en prend plein la poire. Une étude prônant le flex-office, le co-working, le télétravail etc en aurait pris tout autant. Le problème ici est tout autant la méthodologie biaisée qui empêche de faire des généralités, et les interprétations effectuées.

En matière de bien-être au travail, on peut organiser ses espaces de travail comme on le souhaite (bureaux fermés ou non), mettre en place des babyfoot, mettre de la verdure dans les bureaux… Mais ça ne règlera pas miraculeusement le problème de l’absentéisme ni ne remotivera les collaborateurs.

Si l’on souhaite vraiment avancer sur le bien-être au travail, il faut mettre l’accent sur les points véritablement importants :

  • Redonner autonomie, confiance, et responsabilités aux collaborateurs
  • Favoriser la prise d’initiative
  • Former les managers et promouvoir le management bienveillant
  • Redonner du sens au travail de tout un chacun

 

Et toi, que penses-tu du bien-être au travail, et des études et statistiques que l’on voit fleurir un peu partout sur le web ? Te paraient-elles toutes de qualité ?

 

 

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