ce que nous apprennent les arts martiaux sur le management

Ce que les arts martiaux nous apprennent sur le management

Par la discipline, la rigueur et l’humilité qu’ils nous imposent, les arts martiaux sont unanimement reconnus comme des pratiques qui forgent la volonté et le caractère.

De là à s’en inspirer dans sa manière de manager, il n’y a qu’un pas que je vais allègrement franchir dans cet article. 🙂

Enfile ton kimono, boucle ta ceinture et suis-moi sur le tatami pour un cours de management.

 

Les leçons de management des arts martiaux

1 ) Le salut et le respect

Sur le tatami, tout commence par un salut :

  • On salue le fondateur lorsqu’on monte sur le tatami, et lorsqu’on le quitte
  • On salue le maître, le professeur
  • On salue chacun de ses partenaires, avant de démarrer le combat

Le respect est primordial dans les arts martiaux : c’est la première chose que l’on apprend.

Que ce soit pour développer ton leadership, instaurer un esprit d’équipe, reconnaître tes collaborateurs ou encore améliorer ta manière de manager, dire bonjour est la première étape avant tout le reste au travail.

 

2 ) La répétition du geste

La seconde chose que l’on apprend dans le dojo, c’est la persévérance. Il faut répéter, jour après jour, semaine après semaine, année après année, les mêmes gestes. On estime d’ailleurs qu’à partir du premier dan (ceinture noire), on maîtrise les bases, et que l’apprentissage ne fait que démarrer. 😉

Il en est de même pour le management : c’est la répétition du geste qui fait l’apprentissage et qui fait que l’on s’améliore et que l’on devient meilleur dans son job.

 

3 ) On peut toujours s’améliorer

S’il y a bien quelque chose que j’ai retenu lors de ma pratique de l’aïkido, c’est qu’il y a toujours quelque chose à améliorer : les clés de mains, la position de ses pieds et son ancrage dans le sol, son équilibre et e déséquilibre du partenaire, etc…

On apprend à faire un mouvement, puis on désapprend pour mieux réapprendre, et ainsi de suite. Pratiquer un art martial, c’est sans cesse se remettre en question soi-même et ses connaissances, dans le but d’atteindre un plus haut niveau de maîtrise.

La remise en question est un des piliers fondamentaux de ma manière de fonctionner, et de manager.

 

4 ) L’exemplarité

Lorsqu’on pratique un art martial, et d’autant plus lorsqu’on le fait avec un partenaire moins expérimenté que soi, on se doit d’être exemplaire. Exemplaire dans sa posture, dans son tenue, son étiquette, sa manière de pratiquer un mouvement. Ce n’est pas d’un côté les ceintures noires qui s’entraînent entre elles, et de l’autre les « débutants ».

On voit régulièrement ce comportement en entreprise d’ailleurs, où les managers côtoient des managers, déjeunent entre eux, et ne se mêlent pas à la « plèbe ». Grave erreur !

Il faut gommer les liens hiérarchiques, et montrer aux collaborateurs qu’il n’y a pas eux d’un côté et nous de l’autre. Il n’y a qu’un seul « Nous ». Nous tous, une seule équipe !

 

5 ) L’énergie du groupe

On a tendance à croire que les arts martiaux sont des sports solitaires. C’est on ne peut plus faux.

Le cheminement spirituel et l’accomplissement de soi sont deux chemins que chacun doit mener selon son rythme.

Mais lorsqu’on pratique, on pratique à plusieurs, on est porté par l’énergie du groupe, son dynamisme, son envie constante de s’améliorer et de maîtriser l’art.

Ce devrait être l’objectif de toute équipe.

 

6 ) Du savoir au faire savoir

Arrive un moment après quelques années de pratique des arts martiaux où l’on en sait suffisamment pour enseigner aux autres la bonne manière de pratiquer un mouvement. C’est le boulot du manager : apprendre aux autres, les aider à s’améliorer, personnellement et professionnellement, qu’il s’agisse de la résolution de problèmes, la communication, l’opérationnel, etc…

 

7 ) L’adaptabilité

Dans n’importe quel art martial, il est nécessaire de s’adapter à l’attaque de son partenaire, à sa posture, à son niveau également. Il n’est pas rare de voir des ceintures noires pratiquer avec des débutants. En fait, on l’encourage même. Premièrement parce que cela aide le débutant à s’améliorer, mais également pour que la ceinture noire n’oublie jamais d’où elle vient, et qu’il est toujours nécessaire de s’adapter, en toutes circonstances.

Cette adaptabilité devrait être un objectif pour tout le monde, manager comme collaborateur. Le monde évolue de plus en plus vite, et il ne t’attendra pas. A toi donc de t’adapter !

 

8 ) C’est en se trompant qu’on apprend

Si tu es déjà monté sur un tatami, tu sais que c’est en se trompant que l’on apprend. Avant d’arriver à exécuter (presque) parfaitement un mouvement, on le répète des centaines de fois, on fait des centaines d’erreurs, et on les corrige toutes une à une jusqu’à atteindre le niveau de maîtrise souhaité.

Les arts martiaux ont compris un principe vieux comme le monde : c’est en se trompant que l’on apprend.

Alors pourquoi certains cherchent-ils encore à punir les erreurs en entreprise ? Au contraire, il faut encourager les collaborateurs à prendre des initiatives (réfléchies, tout de même), à essayer, à se tromper, à corriger, et ainsi à apprendre et s’améliorer.

 

9 ) Être dans l’instant présent, physiquement comme psychiquement

Pratiquer un art martial demande d’être dans l’instant présent, d’être ancré dans le sol, et de ne faire qu’un avec son partenaire. Il faut constamment recentrer son esprit sur son équilibre, sa position et celle de son partenaire. Il faut faire preuve de concentration et d’attention à tout instant.

Et oui, on ne sait jamais de quel côté l’attaque va surgir. 😉

Travailler dans une entreprise finalement c’est pareil. Il y a sans cesse des imprévus qui surviennent, on ne sait pas où, on ne sait pas quand, mais ça  arrivera. Il est nécessaire de maintenir concentration et attention pour être préparé.

 

10 ) Le contrôle de soi et de ses émotions

Mais au final, plus que tout le reste, ce que nous apprennent les arts martiaux, c’est d’avoir le contrôle sur soi et sur ses émotions. C’est une pratique qui permet de mieux se connaître, aussi bien ses forces que ses faiblesses. Avec le temps, on connaît ses limites et on est capable d’identifier les émotions lorsqu’elles se manifestent, et de garder le contrôle.

Connaître ses forces et faiblesses, et ne pas agir sous le coup de l’émotion, c’est une grande force en entreprise : ça te permet de ne pas réagir à chaud, de toujours apporter la réponse adaptée à la situation, et à faire preuve de sang-froid et de professionnalisme. Tout manager et collaborateur devrait tendre vers cette maîtrise.

Pratiquer un art martial au quotidien, c’est l’assurance d’affûter son corps mais aussi son esprit : c’est se créer un mental d’acier et développer des valeurs fortes dans son quotidien, que l’on peut par la suite transposer dans l’entreprise, que ce soit par le biais du management ou d’une véritable culture d’équipe.

 

 

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