comment être un mauvais manager

Manager : Comment détruire son équipe à coup sûr en 17 étapes

Ami manager, si tu souhaites saper le moral de ton équipe, avoir les pleins pouvoir et le plein contrôle sur tout ce qu’elle fait, et t’assurer que tes collaborateurs ne chercheront jamais à te marcher sur les pieds, cet article est pour toi !

Sans plus attendre, je te livre ici 17 conseils pour te comporter comme le parfait tyran de l’open space !

 

17 étapes à respecter pour détruire et démoraliser son équipe lorsqu’on est manager

1 ) Punir la prise d’initiative

Un de tes collaborateurs vient de prendre une initiative ? Réprimande-le. Seul le chef peut décider quoi faire, seul le chef sait. C’est d’ailleurs pour ça qu’il a pris du galon. Lui n’est qu’un exécutant, qui doit se plier aux quatre volontés de son manager.

 

2 ) Empêcher la participation aux réunions

Les réunions ce n’est pas fait pour échanger, mais pour que le boss transmette des informations à ses équipes. Tu es le chef, tu as la parole, dis ce que tu as à dire, et clos la réunion sans laisser le soin à tes collaborateurs de pouvoir en placer une.

Le chef n’a pas de temps à perdre en réunion.

 

3 ) Ne pas prendre en compte les propositions

Nul doute que tu auras des remontées de la part de tes équipes, des propositions d’axes d’amélioration. Ne les lis pas et jette-les à la poubelle. Tu es le chef, toi seul sait ce qui est bon et mauvais pour toi et tes équipes.

Assure-toi bien de réprimander cette prise d’initiative par une séance de flagellation sur la place publique. Personne ne doit remettre ton autorité comme cela en question.

 

4 ) Diviser pour mieux régner

Colporte les « on dit » dans ton équipe, monte tes collaborateurs les uns contre les autres. Crée une compétition entre eux.

Pendant qu’ils cherchent à se créer des moises, tu gardes le contrôle. Et si le niveau de productivité baisse, ça te fait une bonne raison pour leur mettre un blâme et ne pas les augmenter.

 

 

5 ) Avoir sa tête de turc et son petit préféré

Tu le sais, on ne manage pas de la même manière chaque collaborateur. L’égalité et l’équité n’a pas de place dans ton style de management. D’ailleurs, on ne peut pas contenter tout le monde.

Avoir son petit protégé est bien plus efficace. ça nous permet de montrer par l’exemple aux autres qu’ils peuvent très bien être productifs et que le problème vient d’eux. Et ça permet également d’avoir un infiltré dans l’équipe pour savoir ce qui se dit dans ton dos.

Quant à la tête de turc, et bien tous les problèmes sont forcément de sa faute. Mais même s’il est nul, c’est trop compliqué de le virer. Et puis, cela t’arrange bien : en cas de grosse problématique tu as ton coupable tout trouvé.

 

6 ) Aller à l’encontre des objectifs SMART

Lors de tes entretiens annuel, le moment est venu de fixer des objectifs à atteindre à chacun de tes collaborateurs pour l’année suivante. Propose-leur des objectifs acceptables en façade. Mais débrouille-toi pour entretenir le flou artistique : l’objectif ne doit pas être mesurable, ni spécifique, et surtout ne doit pas avoir de perspective temporelle. En résumé, va à l’encontre des objectifs SMART.

 

7 ) Changer les objectifs en cours de route

N’hésite pas à changer les objectifs en cours de route ou à les revoir à la hausse si tu vois que certains s’en approchent dangereusement. Cela te permettra de les motiver à encore plus se dépasser pour enfin avoir l’augmentation qui leur a été promis il y a 3 ans.

 

8 ) Changer les priorités et les urgences, toutes les heures si besoin

Change dès que tu le peux les priorités de chacun et les urgences que l’équipe doit créer. Cela leur permettra de rester alerte et de toujours donner le meilleur d’eux-mêmes.

Et reviens les voir derrière pour leur proposer une méthode d’organisation puisqu’ils ne semblent pas en faire preuve.

 

9 ) Ne jamais laisser de trace écrite

Si tu dois acter quelque chose, surtout ne l’écris pas. Et lorsqu’on reviendra te voir pour te dire que c’est toi le chef qui a demandé de faire ça, fais preuve de mauvaise foi : nie les faits, nie les événements, nie que la conversation a eu lieu, campe sur tes positions, et mets en doute la crédibilité des autres.

De toute façon, le chef a toujours raison et a toujours le dernier mot.

 

10 ) Changer de comportement en permanence

Change de comportement au moment où ton équipe s’y attend le moins. Hors de question que tu sois prévisible.

Adopter un comportement de bipolaire, et alterner entre le bon flic / mauvais flic te permettra de toujours être craint par ton équipe.

 

 

11 ) Ne jamais féliciter ou remercier un collaborateur

Non mais, et puis quoi encore ? Ils sont là pour travailler, et ils sont payés pour ça. On ne va pas non plus leur attribuer une médaille. Il n’y a aucun mérite à faire ce que l’on est payé pour. Ils ne sont pas là pour faire leur diva mais pour faire ce qu’on leur dit de faire.

 

12 ) Bien faire savoir qui prend les décisions

C’est le chef qui prend toutes les décisions. C’est d’ailleurs pour ça qu’il est trois fois plus payé que les autres. Pour décider.

Par contre, à eux de se débrouiller pour te remonter les demandes d’arbitrage puisque tu es occupé entre les réunions, les reportings, etc…

Et puis, tu as une vie à côté.

 

13 ) Imposer des horaires de travail

Les contraintes personnelles, chacun en a, chacun doit se débrouiller avec. S’ils ont choisi ce travail, ils devront suivre les horaires que tu leur donneras.

L’heure, c’est l’heure.

Idem pour le midi : 1 heure de pause déjeuner, et après tout le monde à son poste.

Par contre en tant que chef, tu n’es pas soumis aux horaires imposés, et tu peux donc prendre 3 heures pour déjeuner et savourer un vrai repas accompagné de boissons alcoolisées.

Ils peuvent râler ou être jaloux, s’ils veulent faire pareil, ils n’ont qu’à demander à être manager eux aussi. Mais vu les responsabilités, ils n’oseront tout simplement pas.

 

14 ) Toujours se débrouiller pour trouver un fautif

LA règle d’or permettant de se sortir de toute situation : A toute problématique son fautif.

A la moindre erreur, tu dois dénoncer un coupable. Trouver celui qui n’a pas respecté les règles, qui a fauté et mis l’entreprise en danger.

Tous les moyens sont bons pour le faire sauter plutôt que toi.

Zéro culpabilité, c’est seulement le jeu du monde du travail.

 

15 ) Ne jamais se remettre en question

Le chef a toujours raison. Tu connais cet adage, non ?

N’hésite pas à le rappeler régulièrement à ton équipe. Si tu es le chef, ce n’est pas pour rien, tu as prouvé ta valeur, tu connais mieux leur métier qu’eux, c’est pour ça que tu les manages.

Donc lorsque tu dis quelque chose, il n’y a pas à questionner ou à remettre en question, il faut simplement obéir.

Comme l’a si bien dit un client lors d’une réunion d’initialisation projet :

« Si j’ai tord, plutôt que de déclencher une réunion de crise pour voir comment avancer sur la problématique, on va dire que j’ai raison quand même, ainsi on gagnera du temps. »

 

16 ) S’attribuer tous les mérites

Quelque chose de bien a été réalisé par ton équipe ? Attribues-en toi tous les mérites. Après tout, c’est parce que tu étais là derrière eux à les coacher qu’ils ont pu réaliser ce projet. Une équipe n’est rien sans son manager, il est donc normal qu’il soit récompensé et qu’il ait la gloire.

 

17 ) Se rendre crédible auprès de son propre management

Enfin, bichonne ta relation avec ton manager. Ne fais rien qui pourrait te mettre en porte-à-faux, et n’hésite pas à lui parler des tire-au-flanc qui gangrènent ton équipe.

Montre que tu as pris ton rôle de manager à cœur, que tu organises des réunions d’équipe régulièrement, et que tu fais preuve de bienveillance envers tes équipes, mais que malgré cela elles ne sont pas motivées.

Une seule règle : tu n’es jamais le fautif et il y a toujours une bonne excuse. Et bien sûr, ton manager a toujours raison.

 

 

Si tu t’es reconnu dans certains points, pas de panique, nous pouvons tous nous améliorer.

A vrai dire, j’étais comme toi il y a quelques années, et je ne suis toujours pas parfait.

La première étape pour changer sa manière de manager, c’est d’avoir conscience des erreurs que l’on fait au quotidien, d’accepter de se remettre en question. Ce n’est qu’à partir de là que l’on pourra s’améliorer en tant que manager, changer ce qu’il y a à changer, et tirer ainsi son équipe vers le haut pour qu’elle délivre le meilleur d’elle-même.

 

 

4 Réponses

  1. Cleopatra dit :

    Ne jamais laisser de traces écrites, soit. Mais désormais, si un chef est violent en entretien professionnel, et qu’il est filmé en train de taper quelqu’un, vous pensez que ce sera sa parole contre celle de l’autre, s’il y a un enregistrement. On n’a peut-être pas le droit de filmer, mais on n’a pas le droit de taper non plus, ni de tenir des propos discriminants….. Donc, à voir ! Vous pensez que le chef a toujours raison, et qu’on donnerait raison à quelqu’un qui a agressé quelqu’un d’autre car il est chef ?????

    • Thibault dit :

      Bonjour,
      Au cas où ça n’était pas assez clair, il s’agit d’un article ironique. Si l’on suit ces 17 points, on sera élu sans problème le pire chef de l’année. Le but étant justement de mettre en avant tous ces comportements néfastes qu’on peut avoir en tant que « chef », sans toutefois s’en rendre compte.
      Quant aux comportements violents décrits dans ton commentaire, peu importe la raison, peu importe que l’on soit dans la vie professionnelle ou personnelle, il n’y a rien qui peut justifier de tels actes.
      Même si je crois profondément en l’être humain et en sa capacité à changer pour le mieux, certains n’en sont tout simplement pas capables. Je t’invite à changer de boîte au plus vite, travailler dans un climat néfaste comme celui-ci au quotidien n’est pas viable.

  2. lucette smits dit :

    Intéressant la façon de présenter ton sujet. C’est vrai que tu étais en partie comme ça, et depuis que tu es revenu sur Bordeaux, tu as fait un travail »énormissime » sur toi, et je dois dire, que comme le bon vin, tu t’améliores en vieillissant. Mais, à vrai dire, en somme,
    c’est pour tout le monde pareil, mais on le voit mieux chez les autres…

    • Thibault dit :

      Pour tout le monde pareil, pas sûr. ça devrait l’être, mais certains n’ont pas encore fait le travail nécessaire sur eux-même pour pouvoir amorcer le changement.
      Un déclic est parfois nécessaire, et il peut venir des autres, qu’il s’agisse de son entourage proche, de collègues, etc…

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