bien être et efficacité au travail

10 idées pour améliorer le bien être au travail, selon Muriel Pénicaud, Ministre du travail

« La santé ce n’est pas l’absence de maladie, c’est le bien être » – Muriel Pénicaud, Ministre du travail

Une fois n’est pas coutume, on va parler politique, mais toujours en ayant comme objectif le bien être des salariés (ça tombe bien, c’est le sujet de l’article 😉 ).

Sauf si tu as relégué la tv au fond de ta cave (comme moi, soit dit en passant), tu n’es pas sans savoir qu’un nouveau gouvernement a été formé récemment. Et Muriel Pénicaud a été propulsée au poste de Ministre du travail.

Le sais-tu ?

En 2010, alors qu’elle était Directrice des Ressources Humaines chez Danone, elle a remis un rapport « Bien être et efficacité au travail : 10 propositions pour améliorer la santé psychologique au travail » au gouvernement de l’époque.

 

 

Bien être et efficacité au travail : 10 propositions

Comment améliorer le bien être des salariés en entreprise ? C’est à cette question que tente de répondre la nouvelle Ministre du travail dans son rapport « bien être et efficacité au travail ».

 

1 – L’implication de la direction générale et de son conseil d’administration est indispensable

Lorsqu’on évalue la performance et la bonne santé d’une entreprise, il ne faut pas uniquement regarder les chiffres économiques : CA, Résultat net, Nouveaux clients, etc…

Il est nécessaire d’intégrer un facteur humain dans cette évaluation : bien être des salariés, degré de motivation, santé des salariés, etc…

L’implication de la direction générale et du conseil d’administration est indispensable pour améliorer le bien être des salariés.

 

2 – La santé des salariés est d’abord l’affaire des managers, elle ne s’externalise pas

Les managers sont responsables du bien être des salariés : ils sont les « premiers acteurs de santé ».

L’époque où le manager était là pour motiver le salarié, ou le presser pour qu’il soit le plus productif possible jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’énergie est terminée : Aujourd’hui, place au management bienveillant.

Le manager est au service du salarié, et non plus l’inverse : il doit écouter le salarié, détecter son mal-être et avoir une marge de manœuvre suffisante pour permettre aux salariés de s’épanouir et de se sentir bien dans leur travail.

 

3 – Il faut donner aux salariés les moyens de se réaliser dans leur travail

Dans la pratique, cela passe par donner autonomie et responsabilités aux salariés, par mettre en place des espaces de discussion.

Le salarié doit pouvoir, à tout moment, solliciter son manager ou sa hiérarchie (n+2, direction) dans le cas d’un conflit avec le manager.

Il faut également remettre le salarié au centre de l’entreprise, l’inclure dans les changements, mettre en place des groupes de travail, etc…

 

4 – Impliquer les partenaires sociaux dans la construction des conditions de santé

La priorité numéro 1 de l’entreprise doit être au dialogue social : Il faut impliquer les partenaires sociaux dans les discussions sur le bien être des salariés au travail.

Muriel Pénicaud ne s’est pas trompée, elle a bien compris que faire passer le bien être de ses salariés avant la satisfaction du client permettait non seulement d’améliorer le bonheur des salariés, mais également leurs performances et leur motivation.

Et au final, qui bénéficie de cela ? Oui, c’est bien ça, les clients, tu suis 😉

Le rapport de Muriel Pénicaud propose entre autre que les entreprises de plus de 50 salariés devraient prévoir un bilan annuel et un plan d’action annuel sur les risques psychosociaux liés au travail.

 

5 – La mesure induit les comportements

Il est indispensable de mesurer les conditions de santé et de sécurité au travail. Comme la performance économique d’une entreprise, comment savoir que le bien être des salariés se développe si l’on est incapable de le mesurer ?

Il faut déterminer des métriques réalistes, mesurables facilement et sur la durée.

 

6 – Il faut préparer et former les managers au rôle de manager

Cela te paraît (sûrement) logique, mais combien de managers sont propulsés responsables d’équipe du jour au lendemain, sans préparation, sans formation ?

Oui, la quasi totalité!

Être manager n’est pas une fin en soi, c’est une vocation : Il faut arrêter avec le fait de promouvoir des gens en tant que managers parce que c’est la suite logique de leur carrière.

NON !

Tout le monde n’est pas fait pour manager une équipe : il n’y a qu’à voir les nombreux petits chefaillons et tyrans qui occupent ce poste et démotivent à tout va les salariés.

Manager efficacement et de façon bienveillante une équipe, ça s’apprend. Nous passons tous des formations certifiantes pour tous les métiers techniques, alors pourquoi le métier de manager ferait-il exception ?

 

7 – Ne pas réduire le collectif de travail à une addition d’individus

Il faut développer le travail collaboratif dans l’entreprise plutôt que de valoriser la performance individuelle.

Si chacun la joue perso, alors tôt ou tard les salariés finissent par la jouer l’un contre l’autre. Et qui trinque dans ce cas-là ? Les clients et l’entreprise.

L’ère du « moi je » est terminée, il faut valoriser le travail collaboratif, mettre en place des objectifs mesurables communs et limiter les objectifs individuels.

Seul le travail collaboratif rendra les organisations de travail plus motivantes et plus efficientes.

 

8 – Anticiper et prendre en compte l’impact humain des changements

Les changements en entreprise (réorganisation, restructuration, etc…), c’est nécessaire pour s’adapter au monde qui change perpétuellement, et de plus en plus vite.

Mais chaque changement a un impact sur l’humain : Il faut anticiper et prendre en compte cet impact dans la conduite du changement en entreprise.

Pour qu’un changement soit efficace et accepté par tous, il ne faut pas l’imposer, surtout pas, on n’est plus au 20e siècle.

Pour permettre l’adhésion des salariés à un changement, il faut les mettre au cœur de ce changement, il faut les solliciter, les impliquer, les écouter.

Sans cela, il y a de grandes chances que votre changement soit un échec.

 

9 – La santé au travail ne se limite pas aux frontières de l’entreprise

Il faut veiller à ne pas transférer les risques psychosociaux sur les fournisseurs et prestataires (Apple et Samsung feraient bien de s’en inspirer pour la construction de leurs smartphones) :  la santé au travail ce n’est pas que dans les murs de notre entreprise.

Il faut mettre en place une charte que les fournisseurs et prestataires s’engagent à respecter concernant des sujets tels que le droit du travail, la santé au travail, le bien être des salariés ou encore leur sécurité.

Il faut accompagner les fournisseurs et prestataires dans cette démarche, et ainsi améliorer tous autant que nous sommes le bien être des salariés au travail.

 

10 – Ne pas laisser le salarié seul face à ses problèmes

Il ne faut pas laisser le salarié seul face à ses problèmes. Jamais !

L’entreprise doit accompagner les salariés en difficulté, et les aider à se remettre dans le droit chemin.

Il est nécessaire pour cela de sensibiliser et de former l’ensemble des acteurs (managers, direction, ressources humaines, collaborateurs) à la santé, au bien être au travail.

Le bonheur est un droit, et l’ensemble des salariés devraient pouvoir y accéder.

 

Après le rapport : Qu’est-ce qui a changé ?

Et bien force est de constater qu’il y a encore du travail en la matière.

Les sondages récents indiquent que 77% des salariés aiment leur travail. Mais malgré cela de trop nombreux salariés déclarent encore être en surcharge de travail, effectuer des tâches qui n’ont absolument aucun sens, se plaignent du manque de reconnaissance de leur travail, etc…

Je vous invite à consulter cette analyse de l’enquête « Parlons travail » sur le bonheur et le bien être des salariés dans leur travail, pour plus de détails.

Mme la Ministre, vous avez de lourds dossiers qui vous attendent. Je vous souhaite bien du courage pour faire comprendre à nos entreprises que le bien être et l’efficacité des salariés sont liés, et qu’améliorer le bien être des salariés, c’est améliorer la performance de l’entreprise.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *