Comment réduire l'absentéisme au travail ?

Comment réduire l’absentéisme au travail en identifiant les principales causes ?

L’absentéisme au travail est en hausse. +2,83% entre l’année 2016 et l’année 2017, pour atteindre une moyenne nationale de 17,2 jours d’absence par an et par salarié. Ce qui représente plus de 3 semaines de travail consécutives.

3 semaines de manque à gagner par an et par salarié pour l’entreprise, qui :

  • Doit verser un salaire aux absents
  • Subit des retards sur échéances, réorganiser les équipes, revoir les priorités
  • Souscrit à un service auprès de prestataires pour palier au dysfonctionnement

Selon l’institut Sapiens, le manque à gagner pour les entreprises françaises se chiffrerait à plus de 18 milliards d’Euros par an. Je te laisse quelques secondes pour te représenter l’immensité de ce chiffre.

 

Devant de tels résultats, je me suis demandé pourquoi l’absentéisme continuait d’augmenter alors même que l’on parle de plus en plus de bien-être au travail, mais aussi ce que peuvent faire les entreprises pour faire diminuer l’absentéisme.

Spoiler : les deux sont liés !

 

Les principales causes de l’absentéisme au travail

Alors finalement, quelles sont les causes qui ont permis cette hausse de l’absentéisme en 2017 ?

ça tombe bien, les auteurs de l’étude ont également analysé ces causes. Et la première chose que l’on apprend est que le secteur privé et le secteur public ne sont pas touchés de la même manière par l’absentéisme. Dans le public, on s’absente presque deux fois plus que dans le privé.

Avant d’aller plus loin, je dois préciser que lorsqu’on parle d’absentéisme, on parle d’absences évitables pour l’entreprise. Exit donc les maladies, les congés maternités, les accidents du travail.

On apprend que dans 99% des cas, ces absences sont dues à des conditions de travail dégradées, à savoir :

  • Une organisation défaillante
  • Un management de proximité délétère
  • Une pression et/ou un stress monstre
  • Une conception d’un autre âge de l’organisation et des rapports au travail
  • Une perte de sens dans son travail
  • Un manque de considération

 

 

Comment réduire l’absentéisme au travail ?

Maintenant que les causes de l’absentéisme au travail ont été identifiées, tu dois te poser la question de comment réduire l’absentéisme au travail.

1 ) Une organisation défaillante

Es-tu certain que ton organisation fonctionne de la manière la plus optimale possible ?

La synergie entre les différents services / département de l’entreprise est-elle opérationnelle ?

Comment se passe la collaboration et le travail d’équipe ?

Tes processus ne sont-ils pas trop lourds et inadaptés au travail opérationnel ?

Pose-toi ces questions, prends du recul et analyse la situation. L’objectif est d’identifier ce qui marche ( et de s’appuyer dessus), et d’identifier ce qui ne marche pas (pour le corriger fissa).

 

2 ) Un management de proximité délétère

Aaaah, les joies du management. j’en ai des choses à dire sur ce sujet. Et j’en ai croisé des mauvais managers dans ma carrière.

Certains étaient totalement irrécupérables, mais ce n’est pas le cas de la majorité. On parle souvent de mauvais managers, mais il serait plus juste de parler d’erreurs de management. Et des erreurs, ça s’analyse, ça se comprend, et ça se corrige !

Parmi les erreurs les plus courantes que j’ai pu lister, nous avons :

  • Fixer des règles mais ne pas s’y tenir
  • Imposer des règles ou des méthodes de travail sans les expliquer
  • Fliquer les collaborateurs
  • Ne pas fixer d’objectifs clairs, ni de priorités
J’ai listé dans >>> cet article <<< les 32 erreurs les plus courantes de management, et du coup, comment ne plus les reproduire !

 

3 ) Une pression / un stress monstre

Pourquoi faudrait-il absolument travailler dans un environnement stressant et oppressant pour pouvoir donner le meilleur de soi ? C’est une conception très étriquée de la réalité.

Un stress passager peut en effet être bénéfique pour doper son mental et sa motivation, atteindre et respecter les échéances. Mais ça ne marche que si c’est momentané. Temporaire.

Or, le temporaire a tendance aujourd’hui à se transformer en durée indéterminée. Et ça, ça mine la motivation des collaborateurs, ça leur plombe leur confiance en soi, leur moral, ça diminue l’efficacité de chacun, et ça peut même conduire jusqu’au burn-out.

Faudra m’expliquer en quoi c’est bénéfique pour l’entreprise et le collaborateur !

 

 

4 ) Une conception d’un autre âge

Bien souvent, dans les sociétés où l’absentéisme explose, on retrouve une conception du monde du travail d’un autre âge. Assez militaire en fait. Le mode Top / Down. Le manager (ou le dirigeant, c’est selon) à connaissance de tout, maîtrise tout, sait tout, et décide tout. Charge aux subalternes en-dessous d’exécuter ses moindres désirs. Et gare à la prise d’initiative !

Ce mode de management a pu fonctionner par le passé (et encore je n’en suis pas certain), mais c’est fini ! Aujourd’hui, on ne doit plus penser en manager / subordonné, mais avoir des relations d’égal à égal. Nous faisons tous partie d’une équipe, qui partage le même objectif : amener l’entreprise vers l’atteinte des objectifs qu’elle s’est fixée.

 

5 ) Une perte de sens

La perte de sens est révélatrice du monde du travail aujourd’hui. Il est primordial de comprendre ce que l’on fait, pour quoi on le fait, et pour qui on le fait.

Trouver du sens à ce que l’on fait, ce n’est pas avoir des tâches toutes plus intéressantes les unes que les autres. C’est plutôt savoir que cette tâche est utile, en quoi elle est utile, et pour qui elle est utile (un service, un collaborateur, un client).

Comment améliorer ce point ? En communiquant, en expliquant les choses, en automatisant les tâches rébarbatives, en éliminant les tâches n’apportant que peu de valeur ajoutée.

 

6 ) Un manque de considération

Enfin, le manque de considération est quelque chose à ne pas sous-estimer.

Et on va casser un mythe de suite : non, le salaire ne suffit pas pour remercier un collaborateur du travail effectué.

Il est nécessaire de dire merci à fréquence régulière, de féliciter ses collaborateurs lorsque le travail fournit est de qualité, de les mettre en avant auprès des autres équipes, et remettre les collaborateurs sur le devant de la scène.

Prenons une société de service en informatique, et plus spécifiquement son service hotline. Ces collaborateurs prennent en charge les appels de leurs clients et tentent de résoudre le plus rapidement possible leurs problématiques, toute la journée. Ils se font engueuler par les clients exaspérés, ils se font mépriser en interne par tous les collaborateurs, qu’ils soient techniques ou managers. Ils sont payés au lance-pierres. Et on ne les remercie jamais pour le travail accompli alors même qu’ils sont le point d’entrée des clients, la première brique visible de l’entreprise. Et après on s’étonne qu’il y ait un taux de turn-over important dans ces équipes. Mais la problématique est dans l’énoncé !

Il faut reconsidérer ses équipes et collaborateurs, et leur faire preuve de reconnaissance. Parce qu’on ne va pas se leurrer, sans les opérationnels, il n’y aurait ni managers, ni entreprise !

 

En résumé, pour combattre l’absentéisme au travail, il est nécessaire d’agir sur 6 leviers :

  • Repenser l’organisation de son entreprise de manière efficiente
  • Former ses managers de proximité au management bienveillant
  • Diminuer le stress subi en entreprise
  • Se mettre à la page concernant les relations humaines
  • Réinjecter du sens dans le travail de tous
  • Reconsidérer ses équipes et collaborateurs

 

T’es-tu déjà absenté au travail suite à une surcharge mentale, un ras le bol ou un burnout ? Comment cela a t-il été compris par ton entreprise ? Ont-ils mis un plan d’action en place en interne pour palier à l’absentéisme au travail ? Fais-moi en part dans les commentaires !

 

Note : Ces chiffres proviennent du 10ème baromètre de l’absentéisme et de l’engagement réalisé par le cabinet de conseil Ayming.

 

 

 

1 réponse

  1. lucette smits dit :

    Ton blog, devrait être distribué dans toutes les petites et moyennes entreprises. Les « chefs » sont souvent imbus, fats, parce que plus haut que toi. La mentalité c’est « obéit, marche ou crève » Dans le commerce de distributions, durant les saisons estivales, le responsable peut faire jusqu’à 70 heures par semaines, pas de dimanche de repos. Il doit être présent dès 6 h du matin, et partir le dernier à la fermeture. D’où la pression chaque jour, en comparant les chiffres de l’année passée… C’est inhumain, d’où ton blog qui est une nécessité nationale…

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