Comment mieux collaborer ensemble

11 techniques de management inspirées de l’Aïkido pour mieux collaborer ensemble

Plus que tout autre art martial, l’aïkido est un art de non-violence. Si je devais le définir en quelques mots, l’aïkido c’est la recherche de l’harmonie. Son but ultime est de rétablir l’équilibre et la paix.

Au-delà des techniques de combat, il y a un côté philosophique très présent dans cet art martial, et celui-ci peut s’appliquer aussi bien à la pratique sur le tatami, qu’à sa vie personnelle , mais pas que. La philosophie de l’aïkido se prête parfaitement au management.

 

11 techniques de management inspirées de l’Aïkido

1 ) Construire ensemble

La première chose qui m’a frappé lorsque je me suis retrouvé sur le tatami pour la première fois, c’est cette volonté de construire ensemble. Dans l’Aïkido, il n’y a pas de notion d’adversité, il n’y a pas de notion de compétition. Seulement le partenaire, et le collectif.

La philosophie derrière cet art martial prône l’équilibre et la paix. Son créateur, Morihei Ueshiba, a eu la volonté profonde de partager avec ses disciples, qui sont devenus par la suite des partenaires. Et cette philosophie de l’entraide et de la prospérité mutuelle a perduré jusqu’à aujourd’hui.

Sur le tatami, il n’y a pas toi et l’autre, il n’y a que « nous ». On pratique dans la bonne humeur, on s’entraide, on apprend à l’autre, on s’améliore ensemble, etc…

 

2 ) Humilité et bienveillance avant tout

Dans le dojo, il n’y a pas de notion de richesse, il n’y a pas de liens hiérarchiques, il n’y a pas de personne au-dessus des autres. Tout le monde, de la ceinture noire aux débutants, est là pour pratiquer, s’améliorer, et trouver l’équilibre et la paix intérieure.

L’humilité et la bienveillance sont de rigueur sur le tatami : personne n’est là pour prendre l’avantage sur l’autre, personne n’est là pour regarder l’autre mal faire son mouvement et ricaner dans son dos. Les ceintures noires pratiquent volontiers avec les débutants, pour leur promulguer conseils et parfaire en même temps la connaissance de leur art, en apprenant aux autres. Lors de la pratique d’un mouvement, les partenaires alternent à tour de rôle les positions d’assaillants et de défenseurs.

Maître Ueshiba avait compris bien avant d’autres que pour être en paix avec soi-même et bien dans sa peau, il était nécessaire de pratiquer au quotidien humilité et bienveillance.

 

3 ) Respect de soi, et respect des autres

Pour respecter les autres, il est primordial de commencer par se respecter. Dans l’Aïkido, tout comme dans les autres arts martiaux, le respect est présent dans une part importante de la pratique. Les arts martiaux ont même développé la notion d’étiquette, qui est difficile a décrire en quelques mots.

L’étiquette, c’est :

  • Laisser ses zori (ses sandales) au bord du tatami, et monter dessus pieds nus.
  • Saluer la photo du fondateur lorsque l’on monte sur le tatami, et le saluer lorsqu’on en descend.
  • Saluer son maître (le professeur) avant le dé but du cours
  • Saluer son partenaire en début et fin de la pratique de chaque mouvement
  • S’assurer d’avoir toujours un kimono propre, et bien le porter : pas de pan qui dépasse, un noeud de ceinture correctement fait, un hakama (la « jupe » noire) bien attaché, etc

Pour certains, cette notion d’étiquette, c’est autant de contraintes inutiles qui nuisent à la pratique des techniques de combat. A ceux-là, je leur répondrais que le MMA leur est sans doute plus approprié, contrairement au management. 😉

En tant que manager (ça marche aussi pour les collaborateurs), on se doit d’apporter du respect à soi et aux autres, mais également de faire preuve d’exemplarité.

« Si tu souhaites développer un comportement spécifique dans ton équipe, commence par montrer l’exemple »

 

4 ) Un esprit de décision affûté

La pratique des techniques de combat se base sur différentes attaques du partenaire. Même si celles-ci sont codifiées et que l’on va en travailler une spécifique pour le mouvement, le pratiquant doit toujours rester attentif et concentré sur son environnement, afin d’anticiper d’où va provenir l’attaque.

Il doit également faire preuve d’analyse de la situation et de prise de décision rapide. Crois-moi, lorsque tu vois arriver un sabre (boken) en bois vers ta tête, ça a beau être du bois, tu ne veux pas t’en prendre un coup ! 😉

L’Aïkido aide donc à développer des réflexes vifs, à être à l’écoute de son environnement et à prendre la meilleure décision qui soit dans le plus court laps de temps possible. Dans le dojo, le statut quo, le report de la prise de décision signifie autant de coups de boken pris sur la tête.

Comme le dit si bien Anthony Robbins : « Plus on décide, plus on prend de meilleures décisions » !

 

5 ) S’adapter pour réussir

L’Aïkido encourage les pratiquants les plus avancés et les ceintures noires à s’entraîner avec des débutants. Et si ça rechigne, le professeur n’hésite pas à séparer des duos de ceinture noire pour les faire pratiquer avec les nouveaux arrivants. Pourquoi ?

Tout simplement parce que cela force à s’adapter constamment à l’autre : à sa taille, à sa carrure, à son expérience, à son caractère. On apprend tout autant auprès d’un partenaire expérimenté que d’un partenaire débutant.

L’adaptabilité fait partie des soft skills, ces compétences de savoir-être, qui sont de plus en plus prisées sur le marché du travail.

 

6 ) Désamorcer un conflit de manière non-violente

Le conflit est vain, et perdu d’avance. Telle est la philosophie de l’Aïkido.

Et là, tu te demandes sûrement pourquoi dans ce cas on nous apprend à nous défendre et riposter si le conflit est vain et perdu d’avance. Pourquoi ne pas tout simplement tendre la joue et attendre que ça passe ?

Dans l’aïkido, tout est notion de respect, et une attaque est une agression et un manque de respect envers soi. Mais répondre à la violence par la violence ne fait qu’attiser la violence.

Au contraire, toutes les techniques de l’aïkido sont basées sur la non-violence, sur le déséquilibre et le fait de retourner la force du partenaire contre soi.

Pratiquer l’aïkido, c’est comprendre qu’un conflit peut être désamorcé de manière non-violente. En entreprise, cela passe souvent par la pratique de la CNV, la Communication Non-Violente.

 

7 ) Remercier son partenaire, en toutes circonstances

Lorsque l’on pratique, à la fin de chaque mouvement, on salue son partenaire, pour le remercier du temps qu’il nous a accordé, pour nous avoir aidé à nous améliorer dans notre pratique. Il n’y a aucune exception à la règle.

S’il y a bien quelque chose que j’ai appris en quinze ans de pratique, c’est qu’il faut toujours reconnaître à sa juste valeur autrui, peu importe ses compétences, son expérience, son caractère ou son origine. Remercier sincèrement son partenaire, c’est reconnaître son implication, son investissement et sa valeur.

Un merci sincère vaut parfois mille mots et rebooste bien plus qu’une petite augmentation accompagnée d’une indifférence totale.

 

8 ) S’améliorer continuellement

Dans sa pratique quotidienne, on passe notre temps à décomposer un mouvement, à l’apprendre, à le déconstruire, à reconstruire, à s’améliorer, à désapprendre et réapprendre.

La base de l’aïkido, comme de tout autre art martial, c’est l’accomplissement de soi. Et quoi de mieux pour s’accomplir que de parfaire sa maîtrise de l’art, jour après jour, année après année ?

On a tendance à croire qu’une fois les études terminées, on a terminé d’apprendre. Mais en fait, ce n’est que le commencement. La vie est un apprentissage, et tu apprendras continuellement dans ta vie professionnelle : ton métier évoluera, tu suivras des formations, tu apprendras au contact des autres, parfois dans des domaines très différents du tien.

L’amélioration continue est la clé de l’accomplissement de soi, et des autres.

 

9 ) Trouver son propre équilibre

L’aïkido permet la recherche, au travers de sa pratique, d’un équilibre. Trouver l’équilibre et la paix intérieure est le but ultime de tout pratiquant. Et la recherche d’un équilibre devrait également être le but de tout manager et collaborateur. Qu’il s’agisse :

  • d’un équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle
  • de la recherche d’un challenge, entre travail pas du tout intéressant voire inexistant, et travail impossible (échéances impossibles à tenir, trouver le mouton à cinq pattes, …)
  • d’un équilibre intérieur, entre un niveau de stress inexistant mais du coup peu stimulant, et une pression intense pouvant conduire au burnout

 

10 ) Apprendre à « chuter »

L’une des premières choses que l’on apprend, c’est de chuter pour ne pas se faire mal, se relever et continuer à pratiquer. Tu as beau tout anticiper des heures durant, tu finiras toujours par commettre une erreur, qui aura un impact fort pour une ou plusieurs personnes.

Mais ce que nous apprend l’aïkido, ce n’est pas de culpabiliser d’avoir fait cette erreur, ni de s’empêcher toute prise d’initiative. Ce que nous apprend l’aïkido, c’est d’apprendre de son erreur, de la corriger, de grandir, et de ne plus la refaire.

 

11 ) La respiration est la clé de la zénitude

La respiration est la clé, et ce n’est pas un hasard si l’on fait plusieurs exercices de respiration en début et fin de cours. Maîtriser sa respiration, c’est avoir l’ascendant sur son corps et son esprit, c’est maîtriser ses émotions.

Tu angoisses à prendre une décision compliquée au bureau ? Ferme les yeux, évacue tout l’air de tes poumons, et respire un grand coup.

Tu subis une grosse pression ces derniers temps, et cela commence à t’impacter négativement ? Respire profondément.

Tu as des sueurs froides avant de présenter ton powerpoint devant le big boss ? Concentre toi sur ta respiration.

La respiration, c’est la clé de la zénitude et de la maîtrise de soi.

 

Conclusion

Les arts martiaux, et plus particulièrement l’Aïkido, sont des sources d’inspiration  intéressantes pour renouveler et améliorer sa manière de manager. Qu’il s’agisse de trouver un équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, d’apprendre à mieux gérer son stress et ses émotions, ou encore d’améliorer son intelligence collective, je t’invite fortement à aller assister à un cours sur le tatami, pour constater par toi-même ce que cette pratique peut t’apporter.

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