comment maîtriser la gestion de projet avec l'aïkido

Comment maîtriser l’art de la gestion de projet grâce à l’aïkido

Les arts martiaux sont des sports bien plus complexes qu’il n’y paraît. Déjà par la multitude des techniques de combat à apprendre, et la technicité dont il faut faire preuve pour les exécuter correctement. Mais également par les vertus, la philosophie et l’art de vivre qui véhiculent au travers l’art martial.

Aujourd’hui, je m’intéresse à l’aïkido (que j’ai pratiqué pendant + de 15 ans), et plus particulièrement à ce que la pratique de cet art peut nous apporter dans la gestion de projet.

 

La gestion de projet selon l’aïkido

1 ) Construire ensemble

Dans l’aïkido, il n’y a pas de notions de compétitions, d’adversité, d’attaquant et de défenseur. On ne parle ni d’attaquant, ni d’adversaire, mais de partenaire. L’objectif n’est pas d’apprendre à se défendre ou à contre-attaquer, mais bien de chercher une entraide et une prospérité mutuelle.

Un projet, c’est avant tout une équipe : il n’y a pas d’un côté le client, et de l’autre le prestataire. Il n’y a qu’une seule et même équipe, constituée de la totalité es acteurs du projet, qui doit avoir un seul objectif : la réussite du projet.

 

2 ) On s’adapte au partenaire

Sur le tatami, on s’adapte aux spécificités du partenaire : taille, compétences, expérience, caractère, etc…

Il en va de même pour un projet : on ne gérera pas un projet qui représente 5 jours / hommes de la même manière qu’un projet qui représente 1 an de travail. De même, certains interlocuteurs préfèrent des réunions hebdomadaires en présentiel, où l’on passe en revue l’intégralité de l’état d’avancement du projet, quand d’autres préfèrent des réunions « flashs » (5 minutes) à fréquence plus régulière, mais qui ne revient que sur les points du moment.

Adapter sa manière de gérer un projet à ses interlocuteurs, c’est l’assurance de parler le même langage et d’éviter de futurs points de blocage.

 

3 ) Faire preuve de fluidité dans ses mouvements

La clé dans l’aïkido pour réussir correctement une technique, c’est d’être fluide dans ses mouvements. Si l’on force, si l’on saccade, on n’arrivera à rien.

En gestion de projet, la clé de la réussite d’un projet, c’est la communication !
Qu’il s’agisse de partager des informations avec l’équipe projet, de mettre en place un planning, d’établir un état d’avancement du projet, ou des priorités, la communication est primordiale.

 

 

4 ) Pas de mouvements inutiles

Chaque mouvement a son utilité, pour déséquilibrer le partenaire et prendre l’avantage. Cela ne sert à rien de complexifier la technique pour la beauté du geste si le mouvement n’a aucune utilité : il part de lui-même aux oubliettes.

Alors explique-moi pourquoi il y a encore des chefs de projet qui cherchent à tout prix à complexifier le projet ? (ça m’arrive encore quelques fois…)

Bien sûr, dans un monde idéal, un projet devrait se passer sans qu’il n’y ait aucun impact pour les collaborateurs. Mais on sait tous qu’entre le monde idéal et la réalité, il y a un fossé.

Pour réussir un projet, il est donc nécessaire de comprendre la substantifique moelle de ce projet, et de réaliser les actions permettant d’arriver au résultat souhaité. Tout le reste n’est que superflu et non prioritaire.

 

5 ) Les pieds dans la réalité

Sur le tatami, on a les pieds ancrés dans le sol, tel un arbre : on ne se laisse pas déraciner.

Il faut faire preuve de la même capacité en tant que chef de projet : être ancré dans la réalité. C’est ce qui permet d’être pragmatique, de regarder les choses telles qu’elles sont et non pas telles qu’elles devraient être.

Par exemple, la tendance en gestion de projet est de faire un planning avec des échéances rapprochées. Trop rapprochées. Alors oui, ça « vend » bien au client, ce type de planning, mais à quoi bon être optimiste et annoncer une échéance à 2 semaines s’il y a 3 mois de travail ?

En tant que client, pose toi la question : préfères-tu celui qui t’annonce 2 semaines de délai et aura 3 mois de retard, ou celui qui t’annonce 3 mois de délais mais qui sera potentiellement capable de le livrer en 2 mois ?

 

6 ) La posture influe sur le mouvement

Il faut une bonne posture pour réaliser un bon mouvement. Tout comme un chef de projet doit croire sincèrement en son projet, et partager cette confiance avec les autres membres de l’équipe projet, pour maximiser les chances de réussite de celui-ci.

 

7 ) Savoir anticiper les mouvements de l’adversaire

L’anticipation est la première compétence du chef de projet : qu’il s’agisse de planifier des actions, d’anticiper les impacts et changements que le projet va apporter, de se projeter dans les changements que va apporter le projet, etc…

Il n’y a pas de secret pour correctement anticiper dans un projet, il est nécessaire de prendre le temps de le faire : il faut prendre de la hauteur, voir l’enchaînement des actions dans la globalité, réaliser des phases de test avant de généraliser la mise en place d’une nouvelle configuration.

 

8 ) Le conflit est vain et perdu d’avance

Le conflit et l’adversité sont des notions étrangères à l’aïkido. On ne fait qu’un avec son partenaire : lorsqu’on pratique, on pratique à deux.

Tôt ou tard, un conflit arrive dans un projet. Il est nécessaire de l’identifier rapidement, et de le traiter avant que celui-ci ne prenne plus d’ampleur et fasse plus de dégâts.

Bien souvent, le conflit naît d’une mauvaise communication ou d’une incompréhension entre le chef de projet et le commanditaire du projet. Il vaut mieux passer du temps au démarrage du projet à reformuler ce que l’on a compris du projet, quitte à passer pour quelqu’un qui n’a rien compris, plutôt que de bloquer le projet en cours de route.

En cas d’agression, on est tenté de renvoyer la balle à l’adversaire en surenchérissant, mais ça ne peut que t’emmener à une situation de blocage. La clé est de faire preuve de communication non-violente. Ne vois pas la personne en face de toi comme un adversaire, mais comme un partenaire, qui est là pour te challenger en tant que chef de projet, et t’amener à t’améliorer.

Ne rentre pas en conflit avec ton interlocuteur : affirme ta position, aborde les difficultés que tu rencontres, en donnant exemples et arguments systématiquement, et en indiquant le temps que tu perds et le décalage des échéances projet que cela engendre.

 

9 ) Des réflexes affûtés

L’aïkido, comme tous les arts martiaux, façonne ton esprit de décision et améliore tes réflexes.

Savoir prendre des décisions parfois compliquées, sans avoir tous les éléments en main, c’est un sacré atout pour un chef de projet. Et pour cultiver cet atout, rien de mieux que la pratique des arts martiaux.

 

 

10 ) La maîtrise de l’espace et du temps

Il faut maîtriser l’espace et le temps pour faire correctement un mouvement et déséquilibrer le partenaire : une fraction de seconde trop tôt, et c’est nous qui sommes déséquilibrés. Une fraction de seconde trop tard, et le partenaire sera bien ancré dans le sol et d’autant plus difficile à déséquilibrer.

Pratiquer l’aïkido, c’est développer l’art de faire le juste nécessaire au bon moment.

C’est pareil en gestion de projet : les actions s’enchaînent selon un schéma précis, déterminé, et pour une bonne raison : limiter les impacts pour les collaborateurs et l’entreprise. S’il y a bien une chose à soigner plus que tout le reste, c’est le planning détaillé des tâches du projet.

 

11 ) Répéter, encore et encore

Il n’y a pas de miracle : pour améliorer sa connaissance et sa pratique des techniques, il faut … pratiquer. 🙂

Si tu souhaites t’améliorer en gestion de projet, il n’y a pas d’autres choix que de pratiquer, encore et encore, d’identifier ce qui marche, ce qui ne marche pas, de tester de nouvelles choses, et ainsi de progresser.

 

12 ) Déconstruire, pour comprendre et réapprendre

En fin de projet, il est de coutume d’établir un bilan projet, où l’on analyse tous les événements du projet, leurs impacts positifs ou négatifs. L’idée, c’est de déconstruire le projet, pour comprendre ce qui s’est réellement passé, justifier les écarts par rapport à ce qui devait être fait, et mettre en place des plans d’action pour améliorer les projets suivants.

Et devine l’étape qui est le plus souvent sautée en entreprise ? Dans le mille ! le bilan projet.

Alors pour ton bien et celui de ton client, prends systématiquement du temps en fin de projet pour faire l’analyse de celui-ci.

 

13 ) Apprendre à chuter

Tôt ou tard, il y a toujours un couac en gestion de projet : au mieux un petit imprévu qui génère un impact supplémentaire, ou pire un gros couac que personne n’a vu venir mais qui remet en question la viabilité du projet. On a beau essayer de tout anticiper, de tout planifier, on peut passer à côté de quelque chose de pourtant primordial.

L’une des premières choses que l’on apprend à l’aïkido c’est de chuter : on évite ainsi de se faire mal, pour mieux se relever.

Adopte la même philosophie en gestion de projet, un projet qui ne respecte pas les échéances initiales, ça arrive (souvent, même). Un projet qui génère un impact là où il devait être transparent, ça arrive aussi. Un projet qui se casse la gueule et où rien ne va, c’est plus rare et ça arrive (et c’est une plaie à gérer, crois-moi). Mais dans ces moments-là, ne baisse pas les bras, et ne culpabilise pas.

Ce que veux un client, ce n’est pas que le projet respecte à tout prix l’échéance initiale fixée, c’est que le projet soit correctement réalisé et corresponde au besoin initial, et que les retards sur échéances soient justifiés.

 

14 ) La puissance de la respiration

Enfin, la respiration est à la base de tout en aïkido, et ce n’est pas pour rien si au début et à la fin de chaque cours, on fait des exercices de respiration.

Mieux respirer, c’est contrôler son corps, son esprit, ses émotions. C’est chasser le stress et la négativité et faire preuve d’efficacité.

La prochaine fois que tu feras face à une situation imprévue et compliquée, ferme les yeux, inspire et expire un bon coup et tu verras que finalement tout est plus simple en respirant convenablement.

 

En conclusion, si tu souhaites améliorer ta pratique de la gestion de projet, il est nécessaire que tu fasses preuve de pragmatisme, d’anticipation, d’adaptation et de communication.

Je t’invite également à consulter mes autres articles faisant le lien entre arts martiaux et management.

 

 

2 Réponses

  1. lucette smits dit :

    C ‘est un beau parallèle l’aïkido et le travail de chef de projet. Tout est exact quand on te lit. Quant à la respiration, que de fois je me l’applique dans certains cas où l’angoisse monte, et me bloque tous mes bons réflexes. Alors, je me dis « respire, respire », je le mets en application, et aussitôt tout se détend, et je retrouve mon esprit à la bonne place

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