Nous nous épanouissons dans notre vie personnelle en cherchant constamment à nous améliorer, à apprendre de nouvelles choses, à devenir la meilleure version de nous-même. Alors pourquoi serait-ce différent pour notre travail ? 


Trop souvent, je vois des personnes, comme vous et moi, traîner des pieds pour se rendre au bureau, respirer un grand bol d'air frais avant d'être en apnée pendant 7 ou 8 heures dans les bureaux. Certains même vont jusqu'à adopter un masque d'impassibilité, et pour les cas les plus extrêmes, déposent même leur cerveau à l'entrée des locaux.

Posez-vous la question : Pourquoi cela ? Pourquoi chercher à s'épanouir dans sa vie personnelle et totalement mettre de côté la vie professionnelle, alors même que l'on passe plus de 8 heures par jour au travail ?

Une vie épanouie ne peut l'être que si nous le sommes dans tous les domaines de notre vie. Sauf qu'aujourd'hui, le travail est encore trop souvent vu comme l'opposé de l'épanouissement et du bien-être.

Laissez-moi vous expliquer les principaux freins qui vous empêchent d'être la meilleure version de vous-même au travail, et ce que vous pouvez faire pour faire bouger les lignes.

Les principaux freins de l'accomplissement de soi au travail

Dans le travail, il y a deux catégories de personnes : les aficionados du "on a toujours fait comme ça" et du "c'était mieux avant". Et ceux qui embrassent le changement au quotidien.


Et devinez quoi ? Si vous continuez à me lire, c'est que vous êtes de la seconde catégorie. Et à raison ! 
En acceptant le changement, vous évoluez, vous devenez une meilleure personne, jour après jour.

Mais il existe des freins qui vont considérablement ralentir votre évolution. Qui vont vous empêcher de devenir la meilleure version de vous-même, vous empêcher d'atteindre votre plein potentiel, et d'atteindre l'excellence.

Ce serait quand même dommage de stagner et faire du sur-place, non ?
On est d'accord. 🙂

1 ) Le manque de confiance

L'un des freins les plus importants dans votre quête d'accomplissement est le manque de confiance en vous. C'est ne qualité très recherchée, et on admire tous ceux qui ont suffisamment confiance en eux pour s'affirmer, mais paradoxalement la confiance en soi n'est pas innée.

Pire, on nous a inculqué toute notre vie qu'avoir trop confiance en soi, c'était mal. Parce que trop de confiance, ça veut dire avoir un ego surdimensionné, marcher sur les autres pour arriver à ses fins, etc... Au contraire, pour être une personne honnête et intègre, il faudrait faire preuve d'humilité, toujours se remettre en question, ne pas trop se mettre en avant.

Oui, mais voilà... L'un n'empêche pas l'autre !

On a tellement opposé ces deux notions qu'aujourd'hui on voit le fait d'avoir confiance en soi comme quelque chose de négatif. Alors on veut rester "humble", on se dévalorise, on se sous-estime, on doute de ses capacités, de ses compétences, de soi-même. On développe un syndrome de l'imposteur. Et au final, on n'ose plus.

STOP !

Vous avez le droit (et le devoir) de reprendre confiance en vous. Vous êtes une personne unique, vous êtes un(e) professionnel(le), vous avez travaillé dur pour développer vos compétences. Alors n'en ayez pas honte. Au contraire, soyez-en fier ! 

Osez prendre des initiatives, osez montrer qui vous êtes réellement et ce que vous savez faire, n'ayez plus peur de vous affirmer.

Pour aller + loin : Comment ? J'ai écrit un article complet sur le sujet, pour retrouver confiance en soi au travail en 15 étapes.

2 ) Une charge mentale conséquente

Dans notre monde hyperconnecté, tout va de plus en plus vite. Et la récente poussée du télétravail n'a pas arrangé les choses. 

Mails, messages instantanés, notifications en tout genre, nous sommes littéralement bombardés d'informations au quotidien. On se retrouve en copie de dizaines de mails chaque jour sans trop savoir pourquoi, on nous demande de faire de plus en plus de choses, en toujours moins de temps, avec des effectifs déjà surchargés et à bout.Sans compter les projets qui tombent au compte-gouttes et qui sont à traiter pour hier.

Et tout ça génère une charge mentale conséquente au quotidien, qui pèse lourd et génère fatigue, angoisse, boule au ventre, et peut même pousser jusqu'au burnout.

Je suis sûr que vous voyez exactement de quoi je parle. Malheureusement...

Et si je vous disais que ce n'est pas une fin en soi  ? Qu'il y a un moyen de réduire cette charge mentale, et par la même occasion de relâcher la pression et respirer un bon coup ? 

Comment ? En apprenant à gérer vos priorités. Et en comprenant qu'une urgence est une notion subjective.

L'urgence de quelqu'un n'est pas forcément votre urgence. Ce n'est même pas forcément une urgence avérée.

Limitez également la consultation de votre messagerie à 2 fois par jour. C'est amplement suffisant et le temps gagné vous permettra de travailler sur l'important, et donc de retrouver du sens dans votre travail, et de vous accomplir.

3 ) Une culpabilisation débordante

Et si vous cessiez de culpabiliser au travail ?

Une absence imprévue, un retard de quelques minutes, un engagement non tenu (peu importe la raison), un manque de temps, l'impression de ne pas être assez bon par rapport aux autres ou à ce qu'on vous demande, un incident de dernière minute sur lequel vous vous cassez les dents...

Tout est bon pour activer la machine à culpabilisation. Et on ne s'en prive pas !

Vous savez ce qui revient le plus souvent chez les personnes que je coache ? Le perfectionnisme.

Vous avez tellement envie de bien faire, vous souhaitez tellement rendre service que si le travail n'est pas parfait selon vous, vous culpabilisez, vous vous dénigrez.

En agissant ainsi, vous vous faites du mal, vous vous empêchez d'atteindre l'excellence, mais surtout, vous oubliez deux notions très importantes :

  • La première, c'est qu'on est fondamentalement imparfait. On peut se rapprocher de la perfection mais on ne l'atteindra jamais. On se dira qu'on peut toujours mieux faire. On se fixe des exigences intenables. Et forcément, comme on n'arrive pas à les atteindre, on est déçu, et on se dévalorise.
  • La seconde, c'est de se rappeler ce qu'on nous demande réellement. Trop souvent, le perfectionnisme vous fait tomber dans la sur-qualité, et vous partez bien plus loin que ce que l'on vous demande.

Tout est question de perception.

4 ) Une trop faible estime de soi

Pourquoi se rendre responsable de tout ce qui va mal dans l'équipe et l'entreprise ? Vous n'êtes pas le centre du monde. Vous n'êtes pas le centre des décisions. Vous n'êtes pas non plus la cause de tout ce qui se passe mal.

Nous prenons tous constamment des milliers de petites décisions chaque jour, qu'il s'agisse de se lever le matin au premier réveil, de démarrer quand le feu passe au vert, de répondre à tel mail de telle manière. Chacune de ces décisions nous appartiennent.

Vous êtes un peu brut de décoffrage dans votre communication et votre interlocuteur se braque et vous fait la tronche ? Ok, vous pouvez sûrement vous améliorer. Mais vous n'êtes pas responsable du ressenti des autres.  Ils vivent une émotion, réagissent en conséquence. Mais ils en sont responsables. Il ne tient qu'à eux de changer. Il ne tient qu'à eux d'être heureux.

Arrêtez de vous culpabiliser. Arrêtez de vous rendre responsable de tous les maux.

5 ) Une vision floue

Comment savoir si vous avancez dans la bonne direction si vous ne savez pas où vous allez ? Comment vous motiver si vous n'avez aucune idée de quand vous atteindrez votre destination ? Pour les randonneurs, ça semble évident : on doit savoir combien de kilomètres faire, quel dénivelé grimper, quelle ville atteindre, avant de commencer la rando.

ça paraît évident, n'est-ce pas ? Et pourtant... La vision floue est un problème commun en entreprise. Des décisions sont prises au top niveau, elles descendent en cascade la chaîne hiérarchique, étant un peu plus déformées à chaque fois. Ce qui n'était pas forcément très limpide au départ devient un gloubi boulga informe à l'arrivée.

Et quand c'est flou ? On appelle D'affelou.

Vous ne pouvez pas faire du travail de qualité sans lever les zones de flou. That's it !

Comment faire ? En posant des questions : autour de vous, à votre manager, à votre direction. Identifiez ce qui est ambigu pour vous, et demandez des clarifications. Cela demandera peut-être un peu de temps à court terme, mais vous en gagnerez dix fois plus sur le long terme.

Et surtout, SURTOUT, quand tout est limpide, votre efficacité est décuplée.

6 ) Les émotions "à fleur de peau"

Les émotions, on en vit tous les jours. Parfois par centaines. Elles s'invitent aussi bien dans notre vie personnelle que dans notre vie professionnelle. Les coquins !

Mais voilà, les émotions au travail, ce n'est pas professionnel. Quelqu'un à un moment à décrété que les émotions n'avaient pas leur place au travail.

Et bien laissez-moi vous dire que ce quelqu'un est un idiot fini. On ne peut pas aller à l'encontre de notre nature humaine. Vous pouvez toujours essayer, mais vous n'y arriverez pas. Les émotions font partie de nous, et rien ne changera ça !

Un collègue qui ne fait pas son job, Une imprévu qui nous tombe dessus, un client qui devait signer mais qui se ravise au dernier moment, etc... Des situations agaçantes il y en a des dizaines et des dizaines par jour. Vous serez parfois agacés, frustré, en colère. Ou au contraire vous éprouverez de la joie, vous vous sentirez léger, capable d'abattre des montagnes. Et c'est normal.

Mais, car il faut bien un mais, vous pouvez ressentir vos émotions au travail, mais vous ne devez pas vous laisser envahir par elles. Sinon c'est la porte ouverte à des réactions émotionnelles : vous écrivez un mail assasin sur un coup de chaud que vous regrettez par la suite, vous prenez de mauvaises décisions en fonction de l'émotion que vous ressentez, un membre de votre équipe prend pour son grade pour tous ceux qui vous ont agacé dans la journée... Lorsqu'on se laisse driver par ses émotions, c'est là qu'on fait des erreurs,qu'on s'emporte. C'est là qu'on n'est plus professionnel.

La prochaine fois que vous aurez une émotion au bureau, reconnaissez la comme telle, acceptez la, puis laissez la passer. Et si vous devez prendre une décision, écrire un mail, allez respirer un bon coup avant, on fait toujours mieux lorsqu'on a la tête froide.

7 ) Zéro prise de risque

Vous savez qui sont ceux qui prennent zéro risque ? Ceux qui ne font jamais rien.

Et encore, ça peut se débattre. Ils risquent quand même de perdre leur emploi.

Je ne vous demande pas de mettre votre vie en jeu, n'allons pas jusque là. Mais quelle est la dernière fois que vous avez eu l'impression de prendre des risques au travail ?

ça remonte, n'est-ce pas ?

C'est normal. En France, on a une aversion au risque. Je n'ai jamais très bien compris pourquoi.

On préfère attendre et multiplier les rapports plutôt que de prendre une décision rapide. On préfère dire qu'on ne sait pas faire plutôt que de se renseigner soi-même et d'essayer, quitte à faire une erreur. On préfère laisser faire les autres plutôt que ça ne nous retombe dessus.

Le truc, c'est qu'il n'y a aucune prise d'initiative possible sans prise de risque.

Le risque est inhérent à la prise de décision. Et en prenant des initiatives, vous décidez. Vous choisissez la meilleure solution pour résoudre une problématique d'après les informations à votre disposition. Mais le résultat est incertain. Vous ne le connaissez pas à l'avance. Pourtant vous y allez quand même. Et si vous vous plantez, vous corrigez le tir tout en apprenant.

C'est la seule manière d'atteindre un haut niveau de performance. C'est la seule manière de se voir confier plus de responsabilités, plus d'autonomie. C'est la seule manière pour être la meilleure version de vous-même au travail.

8 ) Ne pas oser dire non

Si vous dites oui à tout, vous vous noierez en un rien de temps.

Pourtant, ça part d'un bon sentiment. Vous souhaitez aider votre collègue et vous reprenez son dossier pour l'aider à avancer. Malgré un agenda chargé, vous dites oui à votre boss pour bien vous faire voir pour traiter le dernier dossier prioritaire du moment, en plus du reste. Vous acceptez de prendre momentanément des responsabilités supplémentaires.

On a tous envie de bien se faire voir, de montrer qu'on est compétent, qu'on est là pour le collectif, qu'on est professionnel. Mais dire oui, c'est un poison.

Vous vous rajoutez un fardeau à des journées déjà compliquées. Et franchement vous n'avez pas besoin de ça.

Dire non, c'est l'une des choses les plus compliquées au travail, notamment lorsqu’on n'est pas manager ou directeur. Mais c'est indispensable.

Vaut-il mieux faire de la qualité, ou faire de la quantité ?

Est-ce plus pertinent de travailler sur un dossier à la fois mais de faire en sorte qu'il soit complet, ou au contraire faut-il travailler sur plusieurs projets en parallèle, quitte à ne pas avoir le temps et tous les bâcler ?

Personnellement, je fais le choix de la qualité. En tant que collaborateur. Et également en tant que manager. Je n'ai aucune envie que mon équipe rouvre un dossier trois mois plus tard et passe à nouveau du temps dessus parce que cela a été mal fait à la base. Parce qu'au final c'est une perte de temps et de performance pour tout le monde. 

Pour aller + loin : J'ai écrit en guide en trois articles, afin de vous donner toutes les clés pour dire non sans qu'on vous le reproche.

9 ) Une concentration morcelée

La confiance et l'attention sont les deux ressources les plus rares au travail.

Au fil des ans, notre capacité d'attention et de concentration se morcelle toujours un peu plus. Merci les réseaux sociaux et les messageries instantanées en tout genre !

A un point qu'aujourd'hui on rencontre des difficultés à se concentrer pus de douze minutes d'affilée sur une seule et unique tâche. Douze minutes de tranquillité. Douze minutes pendant lesquelles vous pouvez vraiment avancer sur votre travail. Avant d'être à nouveau dérangé par un énième coup de téléphone, cinq mails urgents auxquels il faut répondre et des dizaines de messages instantanés.

Douze minutes, ce n'est rien. Imaginez tout ce que vous pourriez accomplir en étant en capacité de vous concentrer plusieurs heures d'affilée.

ça laisse rêveur, n'est-ce pas ?

Nous sommes passés de l'ère des performeurs capables de sortir des dossiers complets après plusieurs heures de travail à l'ère des "occupés", qui traitent énormément de tâches en parallèle, mais n'avance sur pas grand chose à la fois. Vous êtes sûrement dans ce cas-là si tout ce qu'on vous demande de traiter est prioritaire.

Mais rien n'est moins vrai. 80% de ce qu'on vous demande de faire est une distraction. ça occupe, mais ce n'est pas ça qui fait que vous serez performant. Pour être la meilleure version de vous-même au travail, concentrez-vous sur les 20% de tâches importantes mais non prioritaires. C'est dans cette zone que vous créerez le plus de valeur ajoutée.

Pour aller + loin : Je vous invite à consulter le guide complet que j'ai écrit sur le sujet pour retrouver votre concentration au travail en 8 étapes, et devenir un "high performer".

10 ) Un manque flagrant de formation

En France, il existe des milliers de formation disponibles, sur tous les sujets que vous pouvez imaginer. Avec l'essor d'Internet, se former n'a jamais été aussi simple et accessible.

Pourtant, avez-vous remarqué à quel point c'est difficile de se former dans votre travail ? Dès que vous en faites la demande, il y aura toujours quelqu'un aux Ressources Humaines ou dans votre hiérarchie pour vous expliquer "qu'en ce moment c'est compliqué, on n'a pas le budget".

On préfère recruter un mouton à cinq pattes qui sait tout faire (e qu'on ne trouvera jamais) plutôt que de faire évoluer les collaborateurs de l'entreprise qui connaissent déjà bien le contexte. C'est fou !

Par exemple je vois de plus en plus de comptables à qui on demande de maîtriser Excel sur le bout des doigts, les macros compris, mais à qui on refuse toute formation sous prétexte que "vous passez vos journées à faire des chiffres, Excel ça vous connaît".

On demande donc à ces personnes de réaliser des choses qu'elles ne maîtrisent pas totalement, sur des outils qui peuvent être vite complexes (essayez un peu les macros Excel pour voir, vous comprendrez votre douleur). On attend d'eux qu'ils soient performants mais on ne leur en donne pas les moyens.

Voilà la triste réalité des entreprises françaises.

On pense les formations comme un centre de coût alors que cela devrait être un centre de profit. Sur le moyen / long terme, former ses collaborateurs revient à créer plus de valeur.

n'attendez pas que votre employeur daigne vous former. Vous n'aurez jamais toutes les formations que vous demanderez. Et ça pourrait prendre cinq ans avant qu'on accepte la formation que vous demandez, qui sera obsolète d'ici là. parcourez Internet, épluchez Youtube, farfouillez sur les blogs, vous trouverez des dizaines de ressources pour vous former gratuitement. Et si vous souhaitez aller plus vite, achetez une formation thématique.

Voyez ça comme un investissement, non pas pour votre employeur. Voyez cela comme un investissement pour renégocier votre salaire. Pour votre carrière. Ou pour décrocher un meilleur job si l'on ne vous reconnaît pas, ni vos compétences.

Thibault Baheux

A propos

Tour à tour manager et chef de projet depuis 2008, j'ai managé des équipes de 3 à 40 collaborateurs, aussi bien en management hiérarchique direct qu'en transversal. Manager des personnes, c'est la chose la plus compliquée que j'ai eu à faire dans ma carrière. Mais c'est aussi la plus passionnante ! Je partage avec vous sur ce site mes meilleurs conseils, mes retours d'expérience, ma vision du management d'aujourd'hui et de demain.

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